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© Reuters. Des commandos de l’armée afghane ont lancé lundi une contre-attaque à Kunduz, dans le nord du pays, au lendemain de la prise de cette ville stratégique par les taliban, tandis que les civils fuyaient les combats pour tenter de gagner la capitale, Kabo

KABOUL (Reuters) – Les insurgés taliban ont pris lundi le contrôle d’une sixième capitale provinciale en Afghanistan, a indiqué un élu, après être parvenus à chasser les forces de sécurité afghanes de villes frontalières et de routes commerciales, sur fond de retrait du pays des forces américaines et de l’Otan.

En amont du retrait définitif de l’armée américaine, qui doit s’achever le 31 août après vingt ans de présence en Afghanistan, les taliban ont accentué leurs offensives à travers le pays et se sont emparés lundi d’Aybak, la capitale de la province de Samangan, dans le nord du pays.

“A l’heure actuelle les taliban affrontent les forces afghanes pour prendre le contrôle du siège de la police et du complexe abritant le gouverneur provincial”, a déclaré un élu local, Ziauddin Zia.

“Plusieurs parties de la capitale sont tombées entre les mains des taliban”, a-t-il ajouté.

Durant le week-end, les insurgés islamistes avaient déjà pris possession de trois capitales provinciales: la ville de Zaranj dans la province de Nimroz, dans le sud du pays, la ville de Sar-e-Poul, capitale de la province éponyme, et Taloqan, dans la province de Takhar dans le nord-est du pays.

L’armée afghane a lancé lundi une contre-attaque pour tenter de reprendre Kunduz, dans le nord du pays, une autre prise stratégique réalise par les taliban, tandis que les civils fuyaient les combats pour tenter de gagner la capitale Kaboul.

Selon plusieurs responsables régionaux, les taliban se sont emparés dimanche de plusieurs bâtiments officiels dans la ville de Kunduz, capitale de la province éponyme, et ils contrôlent l’accès à deux bases militaires situées en périphérie de cette ville de 270.000 habitants, jugée stratégique du fait de sa proximité avec les provinces du nord, riches en minerais.

PERTES CIVILES

A Washington, le porte-parole du Pentagone a déclaré que les Etats-Unis étaient profondément préoccupés par la tendance mais que les forces de sécurité afghanes avaient les capacités pour combattre les insurgés.

Interrogé sur ce que l’armée américaine pouvait faire en cas d’échec des forces de sécurité afghanes, John Kirby a répondu: “Pas grand chose”.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, des représentants américains ont déclaré que l’armée avait prévenu cette année le président américain Joe Biden que des capitales provinciales tomberaient aux mains des taliban avec le retrait des soldats américains, mais ils se sont dits surpris de la vitesse avec laquelle les insurgés ont pris le contrôle de certaines villes.

Ces avancées alimentent les inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a qualifié de “pourri” l’accord conclu en février 2020 par les Etats-Unis avec les taliban sur le retrait des forces américaines.

S’exprimant dans le Daily Mail, il a indiqué que Londres avait demandé, sans succès, à certains alliés de l’Otan de maintenir des troupes en Afghanistan après le retrait de l’armée américaine.

“Certains se sont dits disposés, mais leurs parlements non. Il est rapidement devenu clair que sans les Etats-Unis en tant que nation cadre, ces options étaient fermées”, a-t-il dit.

Un porte-parole des taliban a mis en garde dimanche les Etats-Unis contre toute frappe aérienne destinée à soutenir les forces afghanes présentes au sol.

Les affrontements entre armée et insurgés islamistes affectent la quasi-totalité du territoire et de violents combats étaient en cours lundi dans la province occidentale d’Herat, près de la frontière avec l’Iran, ainsi qu’à Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, dans le sud, où une forte explosion a été entendue près du quartier général de la police.

EXODE VERS KABOUL

Le directeur de l’hôpital d’Herat a déclaré que 36 personnes avaient été tuées et 220 autres blessées dans les affrontements des onze derniers jours. Plus de la moitié d’entre elles sont des civils, dont des femmes et des enfants, a ajouté Arif Jalali.

Dans un communiqué, l’Unicef a pour sa part indiqué lundi que 20 enfants avaient été tués et 130 autres blessés dans la province de Kandahar, dans le sud du pays, au cours des 72 dernières heures.

A Kunduz, des milliers de civils, parmi lesquels des enfants et des femmes enceintes, tentaient de fuir les combats et de se procurer un moyen de transport pour rejoindre Kaboul, à environ 300 kilomètres au sud – soit une dizaine d’heures de route en temps normal.

“Nous pourrions bien être contraints de marcher jusqu’à Kaboul, sous réserve que nous ne soyons pas tués en route”, a témoigné un habitant de Kunduz, Ghulam Rassoul, ingénieur de profession, qui cherchait à louer un bus privé pour conduire sa famille et ses voisins dans la capitale.

“Mieux vaut partir en attendant de savoir si ce seront les taliban ou le gouvernement qui gouvernera la ville désormais”, a-t-il ajouté.

Les taliban tentent également d’affaiblir le gouvernement d’Ashraf Ghani en réduisant au silence les journalistes et activistes couvrant le conflit, qui font état de menaces de mort à leur encontre, et dont une grande partie ont dû fuir les provinces passées sous contrôle des insurgés.

Des responsables locaux ont ainsi fait état lundi de l’assassinat du directeur d’une station de radio à Kaboul et de l’enlèvement d’un journaliste dans la province du Helmand, deux attaques attribuées à des présumés talibans.

(Reportage du bureau afghan, avec Idrees Ali à Washington et Emma Farge à Genève; version française Myriam Rivet et Jean Terzian, édité par Marc Angrand)





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