© Reuters. EDF a renoncé à mettre en oeuvre un projet de conversion de sa centrale au charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en raison notamment d’un manque de rentabilité, selon un courrier de son PDG Jean-Bernard Lévy adressé à la CGT. /Photo prise le 2 mar

PARIS (Reuters) – EDF (PA:) a renoncé à mettre en oeuvre un projet de conversion de sa centrale au charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en raison notamment d’un manque de rentabilité, selon un courrier de son PDG Jean-Bernard Lévy adressé à la CGT.

Emmanuel Macron s’était engagé à fermer les quatre dernières centrales françaises fonctionnant au charbon avant la fin du son quinquennat, mais la programmation pluriannuelle de l’énergie adoptée en 2020 a permis de poursuivre l’exploitation de celle de Cordemais au-delà de 2022 pour des questions de sécurité d’approvisionnement.

Alors que le projet Ecocombust – défendu avec force par les syndicats – prévoyait d’utiliser en partie des granulés de bois pour faire tourner la centrale, son abandon implique que Cordemais continuera à brûler du charbon mais que son exploitation à pleine puissance sera limitée à environ 750 heures par an.

Jean-Bernard Lévy explique dans son courrier à la CGT que deux raisons ont conduit la groupe à mettre un terme à Ecocombust : un coût qui ne permettra pas de garantir “un prix du produit attractif par rapport au marché actuel” et le départ du projet de Suez (PA:), annoncé en avril, qui aurait entraîné un retard dans la date de mise en service industrielle à 2024.

“Plus récemment, l’envolée des prix des matières premières en cette période de crise sanitaire a encore alourdi le coût d’investissement global”, ajoute le PDG dans son courrier, que Reuters a pu consulter.

Jean-Bernard Lévy souligne dans le même temps que l’abandon d’Ecocombust “ne remet aucunement en question” l’exploitation de la centrale au-delà de 2022, d’autant que le gestionnaire des lignes à haute tension française RTE en a confirmé le besoin jusqu’en 2024, voire 2026.

Il évoque aussi la possibilité qu’EDF mette en place à Cordemais un démonstrateur industriel dans le cadre de ses travaux sur un parc “thermique décarboné”.

EDF n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.

Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, la centrale de Cordemais emploie 355 salariés et représente 390 emplois indirects. Alors qu’EDF a arrêté en mars la production de sa dernière autre centrale au charbon en France, au Havre (Seine-Maritime), les fermetures définitives de celles de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle), exploitées par GazelEnergie, sont prévues d’ici au printemps 2022.

(Reportage Benjamin Mallet ; édité par Jean-Michel Bélot)

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