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Courons-nous vers une période de forte inflation ?

Mardi 4 mai 2021, Janet Yellen, la secrétaire au Trésor américain a, pour la première fois, évoqué la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt. Il s’agit là d’un tournant majeur dans la gestion économique de la crise sanitaire. Elle a notamment déclaré qu’il faudrait sans doute augmenter les taux d’intérêt pour que l’économie américaine ne connaisse pas une “surchauffe”. Dès lors, les banques centrales injectent-elles trop de liquidités dans l’économie mondiale, suivies par des gouvernements trop dispendieux ? Est-ce que l’économie mondiale, sous l’égide du poids lourd américain, va bientôt entrer en sur-régime ? Est-ce que l’inflation va revenir ? Enfin, est-ce que dans la foulée, les taux d’intérêt vont remonter ?

Centaure Investissements revient sur la situation liée au Coronavirus et à la reprise économique : Alors, inflation or not inflation ?

L’alignement des planètes

Certains indicateurs-clés semblent, en effet, démontrer que cet alignement des planètes tend vers un cocktail explosif. À savoir que les principaux ingrédients de ce cocktail économique se situent au niveau de l’épargne des ménages qui a rarement été aussi importante, tout comme la trésorerie des entreprises. De même, les liquidités des banques centrales affluent de toutes parts et se chiffrent aujourd’hui en milliers de milliards. Ajoutez à cela, un zeste de plans de relance de la part des gouvernements des pays développés, et vous obtenez les principaux éléments pour parfaire ce cocktail.

Malgré le fait que les dignitaires de la FED avaient déjà prévenu d’un rebond de l’inflation, (mais seulement provisoire) sans augmentation des taux d’intérêt avant 2024, il semble aujourd’hui acquis qu’il n’auront plus le choix, compte tenu d’une inflation qui dépasse les 3.5 %. En outre, la hausse spectaculaire des matières premières, comme le par exemple, va également mettre du ” charbon dans la locomotive inflationniste “. Nous entrons donc dans une zone de turbulence sans précédent pour la banque centrale américaine.

Entrons-nous dans un “supercycle” ?

D’aucuns prétendent que nous serions dans une période de ” supercycle” . C’est-à-dire, un cycle majeur de hausse globale (matières premières, taux, marchés financiers … ). En ce qui concerne les matières premières, c’est un fait acquis, qu’elles soient industrielles, agricoles, ou liées à l’énergie. Le cuivre (principal indicateur de la vitalité économique mondiale) est au plus haut depuis 2011. Le soja est au plus haut depuis 8 ans. Le minerai de fer n’est pas en reste. Bref, tout monte !

Aussi, la liste des facteurs qui ont conduit à cette situation est longue, et une partie de ces facteurs a déjà été évoqué ci dessus. A commencer par la masse de liquidités déversée par les banques centrales et les plans de soutien et les plans de relance massifs des gouvernements. Mais d’autre part, le rebond de l’économie post-crise sanitaire en Chine et aux États-Unis avec l’effet rattrapage de la consommation et de l’investissement représente une raison fondamentale à cette hausse généralisée. Enfin, c’est également le cas de la ” transition écologique ” qui provoque des ruées sur certaines matières premières.

Le fait est que ces dernières progressent en même temps. Et c’est un phénomène suffisamment rare pour qu’on parle de ” supercycle “… Rappelons que la Chine est le premier consommateur au monde de matières premières et que l’empire du milieu a redémarré sur les chapeaux de roue. Même si elle anticipe un cycle de croissance plus contrôlé, les prévisions de ses besoins sont impressionnantes.

Le supercycle en détails

Le supercycle est une période longue de prix élevés, du fait d’une demande supérieure à l’offre. De nombreux experts s’accordent pour un nouveau supercycle, et non pour un simple rebond conjoncturel lié à la sortie de crise sanitaire. Cependant, ils divergent sur la durée de ce supercycle . Certains prédisent un ” mini ” supercycle alors que d’autres parlent de ” 30 glorieuses “. En attendant de savoir qui aura raison, la flambée des matières premières va alimenter la hausse de l’inflation. Ce qui entraînera mécaniquement un dérapage de l’inflation dans les mois à venir.

Une remontée des taux inexorable ?

En Europe, la reprise sera plus forte que prévue mais moins spectaculaire qu’aux États-Unis, où les pressions inflationnistes sont moins prégnantes. Actuellement le taux de référence en France (le taux d’emprunt moyen d’emprunt d’État à 10 ans) n’est plus négatif… Il reste bas certes : 0.12% … mais il n’est plus négatif ! Partout en Europe, les taux d’emprunt d’État remontent : 0.81% en Italie et 0.43% en Espagne. Seule l’Allemagne reste en territoire négatif avec -0.23%.

Pendant ce temps, les français épargnent, épargnent et épargnent encore ! L’assurance vie n’en finit pas de battre ses propres records années après années avec 1 812 milliards d’euros d’encours et 1 milliard d’euros de collecte nette en mars ; soit 4 milliards en 3 mois. Carton plein pour l’exception française que représente ce support d’épargne et ses avantages, en cas de vie comme en cas de décès.





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